Abolissons la pauvreté

Qu'est-ce que c'est?

La croissance exponentielle de ce secteur, concentré sur ses profits spéculatifs à court terme, a créée une « économie de casino ». Avec l’explosion de la dernière bulle, des millions d’hommes et de femmes ont perdu leur emploi. Partout dans le monde, des gens se sont enfoncés dans la pauvreté et cent millions de personnes supplémentaires souffrent de la faim.

Les gouvernements du G20 ont mobilisé des centaines de milliards de dollars pour sauver les banques et le système financier. Mais ils ne répondent pas aux crises sociales et écologiques avec la volonté politique et les ressources financières indispensables. Les multinationales du secteur financier ont bénéficié pendant des décennies de l’absence de réglementation significative, et sont largement responsables de la crise. Nous croyons qu’il est temps qu’elles paient leur juste part des coûts de la reprise économique. La taxe Robin des bois serait l’instrument le plus efficace pour le garantir.

La taxe Robin des bois permettrait :

  • d’amasser des milliards de dollars pour financer la lutte contre la pauvreté et les changements climatiques, ici et ailleurs ;
  • de faire en sorte que les banques et le secteur financier paient leur juste part des coûts de la relance économique ;
  • d’aider à freiner la spéculation qui déstabilise le système financier.

Il n’est plus possible d’agir comme si de rien n’était. Les dirigeants du G20 doivent décider d’adopter une taxe sur les transactions financières au sommet de Nice, en novembre 2011.

 

Les faits sur la taxe Robin des bois

Qu’est-ce que c’est ?

« C’est une toute petite taxe ! »

La taxe Robin des bois est une toute petite taxe (0,05 %) qui serait prélevée sur toutes les opérations financières de façon à amasser les fonds nécessaires pour lutter contre la pauvreté et les changements climatiques, ici et ailleurs. Elle pourrait s’appliquer aux transactions d’actions cotées en bourse, de contrats à terme et à tout autre mécanisme établi par les acteurs des marchés financiers dans le but de réaliser des opérations boursières.

Qui paierait ?

« La taxe Robin des bois permet de veiller à ce que les banques et le secteur financier paient leur juste part des coûts de la relance économique. »

La taxe consisterait en prélèvements sur les transactions d’actions cotées en bourse, d’obligations, de devises, et de produits dérivés (y compris les contrats à terme et les options sur actions, sur taux, sur devises et sur marchandises).

Elle ne s’appliquerait qu’aux transactions entre les acteurs des marchés financiers. Les transactions ordinaires des consommateurs, telles l’achat de biens et services, les chèques de paie, et les transactions transfrontalières, ne seraient pas assujetties à la taxe Robin des bois. Les prêts interbancaires à court terme et les opérations des banques centrales n’y seraient pas non plus assujettis.

Pourquoi ?

« La taxe Robin des bois pourrait même contribuer à freiner la spéculation qui déstabilise le système financier. » 

Les marchés modernes sont en proie à une activité boursière excessive, en raison de la prédominance de la spéculation à court terme. Une taxe uniforme par transaction rendrait la spéculation à court terme plus onéreuse. Une taxe sur les transactions devrait donc avoir un effet stabilisateur sur les prix des actifs et, ainsi, améliorer le rendement macroéconomique global et contribuer à prévenir une autre crise.

Cette taxe mettrait aussi à contribution, comme le signalait l’ancien président Jacques Chirac, le secteur qui est toujours relativement exempt de payer une part équitable d’impôts, et transférerait le poids de la résolution de la crise du grand public au secteur financier. 

Combien ?

« Cette infime taxe sur les activités financières permettrait d’amasser des milliards de dollars pour lutter contre la pauvreté et les changements climatiques, ici et ailleurs. »

Une taxe sur les opérations financières procurerait aux gouvernements de considérables revenus qui pourraient être affectés à la réalisation d’objectifs sociaux. L’Institut autrichien de recherche économique estime qu’une taxe internationale sur les transactions de 0,05 % pourrait rapporter près de 650 milliards de dollars par an, même si elle causait un ralentissement radical de l’activité sur les marchés.

Dans quels buts ?

Alors que les déficits et les dettes publiques augmentent en flèche, ces revenus pourraient servir à la mise en place de mesures de stimulation économique au Nord et au Sud. Ils pourraient aussi contribuer à combler le manque de fonds pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et à appuyer les pays en développement dans leurs efforts d’adaptation aux changements climatiques et de transition à des économies plus vertes.

Comment ?

Les fonds seraient recueillis dans les différentes bourses où ont lieu les transactions financières, grâce aux systèmes électroniques de règlement utilisés dans toutes les grandes bourses. La taxe Robin des bois serait idéalement implantée à l’échelle internationale, sans toutefois empêcher les pays qui voudraient l’implanter unilatéralement de le faire.

Quand ?

La taxe Robin des bois sera un important enjeu à l’ordre du jour du G20 à Toronto, au Canada, cet été. Il n’en tient qu’à vous d’écrire à vos ministres, afin de créer un mouvement de fond d’appui à cette importante mesure !

 

Qui appuie la taxe Robin des bois ?

L’appui à l’imposition de la taxe Robin des bois vient en majeure partie d’Europe, mais d’autres régions du globe, ainsi que le secteur universitaire, en sont aussi d’ardents défenseurs.

Gouvernements et décideurs :

La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon, l’Autriche et la Belgique appuient tous la taxe Robin des bois. Les États-Unis et le Brésil adhèrent peu à peu à l’idée. Le Parlement européen et la Commission européenne ont fait des déclarations en faveur de la taxe Robin des bois. L’ex-gouverneur de la Reserve Bank of India, Yaga Reddy, s’est aussi prononcé en faveur de la taxe en mars.

En outre, le président français Sarkozy et le premier ministre britannique Brown on récemment publié un article dans le New York Times où ils soulignaient la façon dont les revenus générés par la taxe Robin des bois pourraient être utilisés pour atténuer les effets des changements climatiques et réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement.

Adair Turner, le chef de la direction des services financiers britanniques, qui réglemente le deuxième secteur bancaire en importance dans le monde – après celui de New York – a dit qu’il était : « heureux d’envisager l’imposition de taxes sur les opérations financières »

Universitaires et économistes :

Plus de 350 universitaires et économistes, dont Joseph Stiglitz, Paul Krugman, Dani Rodrik, Jeffrey Sachs et Paul Volcker, ex-président de la Réserve fédérale américaine, appuient cette idée.

Mécènes et secteur des affaires :

George Soros et Warren Buffet, entre autres, ont déclaré leur appui envers la taxe Robin des bois.

 

Au Canada

Entre décembre 1998 et mars 1999, Les Canadiennes et les Canadiens se sont ralliés pour appuyer une motion d’initiative parlementaire déposée à la Chambre des communes qui stipulait : « De l’avis de la Chambre, le gouvernement devrait adopter une taxe sur les opérations financières de concert avec la communauté internationale. »

La motion, qui a reçu un large appui du public, a été adoptée avec une majorité retentissante de 164 voix contre 83, le 23 mars 1999. Le Canada est ainsi devenu le premier pays dans le monde à déclarer son intention d’œuvrer en fonction de l’adoption d’une taxe visant à contrôler la spéculation sur devises à l’échelle internationale.

Malheureusement, le gouvernement actuel n’exerce aucun leadership sur cet enjeu. Stephen Harper et Jim Flaherty ont tous les deux rejeté l’idée de la taxe.

Les membres des trois partis d’opposition, par contre, ont manifesté leur appui à la mise en place d’une taxe sur les opérations financières.